Le livre du mois - Décembre 2014

BONHOEFFER pasteur, martyr, prophète, espion. 

De Eric Metaxas - Editions Première Partie.

Les 670 pages pourraient rebuter au premier abord mais il serait dommage de passer à côté de cette biographie. Nullement spécialiste de Bonhoeffer je souhaitais en apprendre plus et mieux connaître ce théologien allemand sans pour autant entrer dans un débat trop pointu me dépassant.


Pas du tout austère, on se prend au fil des pages à suivre Bonhoeffer au travers de sa vie riche et dense et de ses choix posés. Venant d’un milieu privilégié, sa voie pouvait sembler toute tracée ; brillant, plusieurs carrières pouvaient s’offrir à lui. Devenir pasteur, se lancer jeune dans de longues études de théologie n’hésitant pas à aller à contre-courant des théologiens du moment et à vivre des expériences déterminantes en Espagne, Etats-Unis et Angleterre et même à Rome.


Suivre le Christ et vivre les Béatitudes, en vivant pleinement sa vie terrestre et ne pas se contenter de n’être que pieux. Mettre la prière au cœur de sa vie avec l’étude de la Bible s’inspirant de la vie monastique.


La montée du nazisme, la soumission de l’Eglise protestante allemande  au Reich, vont petit à petit l’amener à mettre en actes sa foi chrétienne : création de l’église confessante d’Allemagne et son engagement dans le contre-espionnage. Il paiera le prix fort pour son implication dans plusieurs complots visant à tuer Hitler, emprisonnement puis déportation et pendaison quelques semaines avant la fin de la guerre.


Même si mon quotidien est très différent de ce que Bonhoeffer a pu vivre sans parler du contexte de l’époque j’ai trouvé beaucoup de modernité dans sa spiritualité quelques extraits étant proposés par l’auteur. Une foi incarnée ne cachant pas les doutes et les sacrifices.


« J’ai compris et je continue d’apprendre que c’est en vivant pleinement la vie terrestre qu’on parvient à croire.  Quand on a renoncé complètement à devenir quelqu’un - un saint, un pécheur converti, ou un homme d’Eglise , un juste ou un unjuste, un malade ou un bien portant- afin de vivre dans la multitude des tâches, des questions des succès et des insuccès, des expériences et des perplexités - et c’est cela que j’appelle vivre dans le monde-, alors on se met pleinement entre les mains de Dieu , on prend au sérieux non ses propres souffrances, mais celles de Dieu dans le monde, on veille avec le Christ à Gethsémani ; telle est, je pense, la foi, la "metanoia"; c’est ainsi qu’on devient un homme, un chrétien. » (Résistance et soumission, Ed Labor et Fides.  Lettre du 21/07/1944 écrite en prison à Bethge).


Critique de La Croix du 6/11/2014  Un Juste contre le IIIe Reich

Article de croire  Dietrich Bonhoeffer Un pasteur visionnaire