Edito du 5 avril 2015

Courir… courir… courir !


Marie Madeleine court. Pierre court. L'autre disciple court. La pierre roulée et le tombeau vide font bouger et courir. « Nous ne savons pas où on l'a déposé. » La question est posée et le mystère reste entier. Jamais les évangiles ne racontent le moment de la Résurrection. Seule l'expérience d'hommes et de femmes, qui ont suivi Jésus et qui découvrent que tout ne s'arrête pas à la Croix et au tombeau, est racontée au fil des évangiles.


Alors nous ne pouvons pas passer à côté du livre des Écritures. Toute l'histoire de notre salut et du salut de l'humanité, que nous avons relue cette nuit dans la Vigile pascale, y est racontée. Toute la fidélité de Dieu, qui ne cesse de renouer alliance avec son peuple, y est dite. Toute notre vie, relue au feu des Écritures, y trouve sens et souffle.


Pierre court au tombeau. Il n'est pas seul. Ils sont deux. Un peu comme si Pierre nous entraînait dans cette course folle du matin de Pâques. L'autre disciple voit, et il croit. Ce que les disciples n'avaient pas compris est enfin à leur portée. Leurs yeux s'ouvrent et ils le reconnaissent. L’Écriture ne cesse d'ouvrir nos yeux. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.


Comme Pierre, avec Pierre, il nous faut courir au tombeau. Mais il nous faut aussi franchir le seuil du tombeau vide pour, avec le Christ, passer résolument à une vie nouvelle. Sortir de nos ténèbres, croire que notre propre résurrection est déjà commencée aujourd'hui, voilà ce à quoi nous convie le Ressuscité. Nous sommes ressuscités avec le Christ. Alléluia !


Père Benoît Geschwind

Prions en Église, avril 2015, p. 135