Edito du 21 septembre 2014

Que signifie donc cette parabole qui fait fi de toute logique économique ?

 

Elle met en scène un Maître de "Maison" (!) dont les façons de faire intriguent. C'est le Maître lui-même qui "sort" embaucher ses ouvriers pour sa vigne.

 

Avec une infinie patience, ce Maître passe son temps (qu'une journée résume dans ce récit) à sortir, à chercher et envoyer des ouvriers pour faire vivre et fructifier cette Vigne.

  • Drôle de maître qui, d'un contrat de salaire négocié en bonne et due forme avec les premiers embauchés, passe à une entente tacite basée sur la confiance avec les derniers embauchés.
  • Drôle de Maître qui semble provoquer les premiers venus en terminant la distribution par eux pour mieux leur faire comprendre que tous les hommes sont "à égalité" et que le "salaire" de cette vigne-là, n'est pas "comptable".
  • Drôle de Maître dont la justice respecte et dépasse le contrat, dont la justice s'ajuste aux besoins de l'homme en donnant à chacun de quoi vivre (un "denier" permet d'avoir son pain quotidien).

Ce Maître, nous l'avons compris, est Dieu lui-même qui n'a de cesse que chacun trouve sa place dans le Royaume, que chacun s'ajuste à sa miséricorde et la vive ainsi avec les autres.

 

Dieu ne se donne pas à la mesure de nos mérites, mais à la mesure unique et infinie de son amour pour tous, païens à égalité avec les Juifs, Chrétiens de souche à égalité avec les nouveaux convertis etc...

 

Une "inclusion" introduit et conclut, le récit : "c'est ainsi que les derniers seront les premiers et les premiers les derniers". Ce retournement total, Marie le chante dans le Magnificat, Jésus l'enseigne dans les Béatitudes, le vit dans sa venue sur terre :" Lui qui est Dieu, s'est abaissé jusqu'à nous pour nous relever " (cf. Phil 2,6-11).C'est ce retournement total que nous fait vivre l'Evangile.

 

Enfin, entendons personnellement chacun des termes de ces versets 13 et 14 : 

"Mon ami… prends ce qui est à toi, et va".

 

Catherine de Salaberry